511 cambriolages dans habitation à Seraing en 2025, contre 468 en 2024 et 374 en 2023 : la commune remonte, et elle remonte sans interruption depuis 2020. Une série qui monte cinq années de suite ne se lit pas comme une série qui baisse, et elle change la manière dont il faut aborder la question — y compris quand on vit en appartement, où l'on se croit spontanément à l'abri.
Une série qui repart à la hausse, cinq années de suite
Le creux sérésien date de 2020, avec 337 faits. Depuis, chaque exercice ajoute au précédent : 348 en 2021, 365 en 2022, 374 en 2023, puis une accélération franche — 468 en 2024 et 511 en 2025. La hausse atteint 9,2 % sur un an, et le bilan sur six ans est positif de 13,3 % par rapport aux 451 faits de 2019.
Cela représente 9,8 cambriolages d'habitation par semaine. Une nuance, pour ne pas surinterpréter : la commune reste très en dessous de son pic de 2015 (815 faits) et de son niveau de 2000 (633). La hausse récente ramène Seraing dans la zone du début de série, pas au-delà de ses maxima. Mais cinq années de progression consécutive ne sont pas un accident statistique.
Autre donnée éclairante : sur les 623 cambriolages dans bâtiment recensés à Seraing en 2025, l'habitation en représente 82 %. Ce n'est pas une commune où l'on force d'abord des commerces. C'est une commune où l'on entre chez les gens.
L'appartement n'est pas plus sûr par nature
L'idée reçue est solide — un étage, une porte de rue commune, des voisins, donc moins de risque — mais elle confond visibilité et protection.
Un immeuble collectif offre un avantage réel : la probabilité qu'on croise l'intrus y est plus élevée que dans une maison isolée en fond de parcelle. Mais il ajoute trois faiblesses. La porte de rue n'est la porte de personne : elle protège tout le monde en théorie, donc personne en pratique, et s'ouvre plusieurs fois par jour pour des livraisons ou des visiteurs d'un autre étage. La porte palière est presque toujours l'élément le plus faible du logement : souvent d'origine, serrure à un point, ouvrant sur un palier que personne ne surveille et qui abrite du bruit. Enfin, les parties communes fournissent du temps : une cave, un local vélos, un couloir de sous-sol sont des endroits où l'on travaille sans être vu.
Le bâti sérésien : garages, annexes et arrières partagés
Seraing n'est pas un tissu d'immeubles compact. C'est une commune de vallée au bâti mixte, où les petits immeubles collectifs s'insèrent dans un ensemble de maisons mitoyennes à jardinet, avec beaucoup d'annexes : garages en bande, remises, caves accessibles de l'extérieur, courettes qui communiquent. D'où un point d'entrée que les articles sur « la sécurité en appartement » ignorent.
Le garage collectif ou la rangée de box, d'abord. Beaucoup d'immeubles sérésiens disposent d'un accès véhicules qui donne, en interne, sur la cage d'escalier. Une porte sectionnelle mal verrouillée ou une porte de communication laissée en simple pêne annule tout le bénéfice de l'interphone : on est entré par le garage, on ressort par le palier. C'est le maillon à traiter en priorité dans une copropriété.
Les arrières mitoyens, ensuite. Dans une enfilade de maisons à jardinet, les fonds de parcelle se touchent et se traversent. Un rez-de-chaussée avec terrasse ou une porte de service arrière hérite du défaut de la maison voisine : pas de vis-à-vis, pas d'éclairage, et une clôture qui met l'intrus à l'abri des regards une fois franchie.
Enfin les annexes et abris, qui fournissent l'outil : un pied-de-biche n'a pas besoin d'être apporté quand il est déjà sur place.
Ce qu'on peut installer seul, et ce qui passe par l'assemblée générale
La distinction est simple et elle évite les conflits. À l'intérieur du lot privatif, un occupant — propriétaire comme locataire — installe ce qu'il veut dès lors qu'il ne perce pas les parties communes : contacts magnétiques sur la porte palière et sur les châssis accessibles depuis un balcon, une terrasse ou une annexe basse, un détecteur sur le hall d'entrée du logement, et une détection à vérification photo qui permet de savoir ce qui se passe sans devoir rentrer. Le sans-fil règle la question du bail : rien n'est encastré, tout se démonte au déménagement. Les kits d'alarme couvrent ce format, et notre guide quelle alarme Ajax choisir en Belgique aide à dimensionner l'ensemble. Pour un appartement sérésien de deux à trois accès, l'ordre de grandeur du matériel se situe entre 350 et 800 €, selon le nombre d'accès à couvrir.
En partie commune, tout passe par l'assemblée générale : sirène en façade, caméra dans le hall ou au garage, renforcement de la porte de rue, contrôle d'accès. Une caméra posée par un copropriétaire seul dans un couloir commun n'est pas une initiative, c'est un litige. À l'inverse, un dossier collectif — porte de communication garage-escalier, éclairage du sous-sol, vidéophone — traite le maillon faible réel, et son coût se divise par le nombre de lots.
Aides publiques : ce qu'il faut vérifier, et ce qui est déjà gratuit
Certaines communes belges accordent une prime à la sécurisation du logement. Ces primes financent la protection mécanique — serrures et cylindres renforcés, vitrage retardateur d'effraction, portes et châssis — et sont votées localement, avec des conditions qui changent d'un exercice à l'autre. Rien n'est transposable : renseignez-vous auprès de votre administration communale avant d'engager la moindre dépense, et ne présumez jamais qu'un matériel est éligible.
Ce qui, en revanche, est acquis et gratuit : le conseiller en prévention vol de la police locale de Seraing-Neupré (5278). Il se déplace, examine les accès réels et n'a rien à vendre. Dans une copropriété, son avis est un levier précieux en assemblée générale, parce qu'il vient d'un tiers neutre plutôt que d'un devis. La commune détaille la démarche sur sa page consacrée à la prévention des vols dans les habitations et commerces.
Alarme et caméra en copropriété : ce que la loi impose
Alarme : déclaration dans les dix jours via police-on-web, confirmation annuelle, sirène extérieure limitée à trois minutes, entretien annuel, levée de doute obligatoire avant intervention policière — la sonnerie seule ne déclenche pas de patrouille. Base : arrêté royal du 25 avril 2007. Voir notre guide sur la déclaration d'un système d'alarme en Belgique et notre article sur l'alarme sans abonnement.
Caméra : déclaration sur declarationcamera.be, pictogramme réglementaire, registre des traitements, interdiction de filmer la voie publique et la propriété d'autrui. Dans un immeuble, s'y ajoute une contrainte concrète : une caméra de partie commune ne doit surveiller aucune porte palière en particulier, et les occupants doivent être informés. Les règles sont détaillées dans notre article sur la loi caméras en Belgique.
Questions fréquentes
Les cambriolages augmentent-ils à Seraing ?
Oui. La commune a enregistré 511 cambriolages dans habitation en 2025, contre 468 en 2024, soit une hausse de 9,2 % sur un an. C'est la cinquième année consécutive de progression depuis le creux de 337 faits en 2020, et le bilan sur six ans est positif de 13,3 % par rapport à 2019.
Un appartement est-il moins exposé qu'une maison à Seraing ?
Pas mécaniquement. Un immeuble collectif augmente la probabilité qu'un intrus soit croisé, mais il ajoute trois faiblesses : une porte de rue commune qui s'ouvre plusieurs fois par jour, une porte palière souvent d'origine avec une serrure à un point, et des parties communes — caves, local vélos, sous-sol — où l'on peut travailler sans être vu. À Seraing, l'accès garage relié à la cage d'escalier est un point critique supplémentaire.
Puis-je installer une alarme dans un appartement loué ?
Oui, si l'installation reste dans le lot privatif et ne touche pas aux parties communes. Un système sans fil ne nécessite ni percement structurel ni câblage : contacts sur la porte palière et les châssis, détection dans le hall, le tout démontable au départ. Une sirène en façade ou une caméra dans le hall commun, en revanche, relèvent de l'assemblée générale.
Existe-t-il une prime communale à Seraing pour sécuriser son logement ?
Nous ne disposons pas d'information vérifiée sur un règlement de prime en vigueur à Seraing. Ces primes sont votées commune par commune et révisées régulièrement, et lorsqu'elles existent elles financent la protection mécanique. Renseignez-vous auprès de l'administration communale ou du conseiller en prévention vol avant tout achat.
Qui contacter pour un audit gratuit de sécurité à Seraing ?
Le conseiller en prévention vol de la police locale de Seraing-Neupré (5278). Sa visite est gratuite, sans intérêt commercial, et porte sur les accès réels du logement. Dans une copropriété, son avis constitue un appui utile pour faire voter des travaux en assemblée générale.
Sources : Statistiques policières de criminalité, Police fédérale DGR/DRI/BIPOL, publication 2025_T04 (date de clôture 24/04/2026) — fiche communale de Seraing. Prévention vol : Ville de Seraing et police locale de Seraing-Neupré. Les dispositifs communaux évoluent d'un exercice à l'autre : vérifiez auprès de la commune avant d'engager des frais.
