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Il y a des chiffres qu'il faut regarder deux fois avant de s'en réjouir. Namur passe de 611 cambriolages dans habitation en 2024 à 275 en 2025 : un recul de 55 % en un an, tel qu'il figure dans les statistiques policières officielles. C'est spectaculaire, c'est la donnée publiée — et c'est précisément pour cela qu'il faut la traiter avec prudence plutôt que d'en faire une conclusion.

275 faits en 2025 : un chiffre à confirmer sur l'exercice suivant

La série namuroise complète se lit ainsi : 699 faits en 2019, 535 en 2020, 464 en 2021, 570 en 2022, 576 en 2023, 611 en 2024, puis 275 en 2025. Sur six ans, l'évolution affichée est de −60,7 %, dont −55 % pour la seule dernière année.

Une baisse de plus de la moitié en douze mois n'a aucun équivalent dans la série namuroise, ni dans les vingt-cinq années qui précèdent — la commune comptait 1 019 cambriolages d'habitation en 2000 et 1 000 en 2015. Une variation de cette ampleur peut refléter une évolution réelle, mais elle peut aussi traduire une discontinuité d'enregistrement ou de périmètre statistique, et rien dans les données publiées ne permet de trancher aujourd'hui.

La position honnête tient donc en une phrase : le recul de 2025 est très marqué, il est bien celui de la source officielle, et il demande confirmation sur l'exercice suivant avant d'être interprété. Écrire que les cambriolages ont été divisés par deux à Namur irait plus vite que la donnée ne le permet.

Ce que montre la période 2019-2024, plus fiable pour raisonner

Sur ces six années, la trajectoire namuroise est claire et beaucoup moins flatteuse. Les points bas de 2020 et 2021 — 535 puis 464 faits — relèvent des restrictions sanitaires, période où les logements n'étaient à peu près jamais vides. Ensuite, les cambriolages sont remontés trois années de suite : 570, puis 576, puis 611. En 2024, Namur était donc revenue à proximité de son niveau de 2019, avec une tendance de fond orientée à la hausse.

C'est cette pente-là qui doit guider les décisions d'un ménage namurois, pas le point unique de 2025. Sur les 378 cambriolages dans bâtiment enregistrés en 2025, 73 % visaient une habitation : le logement reste la cible principale, et même au niveau de 2025 cela représente 5,3 faits par semaine.

Kots, colocations et clés recopiées : la particularité namuroise

Namur est une ville étudiante, et cela produit un profil de risque qu'on ne retrouve pas dans une commune pavillonnaire. Trois mécanismes s'y ajoutent aux causes ordinaires.

La rotation des occupants. Un kot ou une colocation change d'habitants tous les ans, parfois deux fois par an. Chaque départ laisse potentiellement une clé dans la nature : recopiée « au cas où », prêtée à un ancien colocataire, jamais restituée. Un cylindre qui n'a pas été changé depuis cinq locataires n'est plus une serrure, c'est une formalité. Le remplacement du cylindre entre deux baux coûte une fraction du prix d'un cambriolage et relève de la protection mécanique, la plus efficace en première ligne.

Les longues inoccupations. Les congés universitaires vident des immeubles entiers pendant des semaines, à des dates connues de tous : une façade dont aucune fenêtre ne s'éclaire entre la mi-décembre et la mi-janvier ne demande aucun repérage sophistiqué.

La dilution de la responsabilité. Dans une colocation, personne n'est vraiment chargé de fermer à clé ni de signaler une porte commune qui ne verrouille plus. Le point d'entrée n'y est d'ailleurs souvent pas forcé : c'est celui qu'on n'a pas fermé.

Le voisinage, premier capteur : RIQ et voisins vigilants

Dans une ville où beaucoup de logements sont occupés par des personnes de passage, la vigilance de ceux qui restent devient un dispositif de sécurité à part entière — et c'est le seul qui fonctionne sans matériel.

Le Réseau d'Information de Quartier (RIQ) est un cadre officiel belge, encadré par le SPF Intérieur et mis en œuvre avec la zone de police locale. Ce n'est ni une milice ni une patrouille citoyenne : les participants ne surveillent pas la rue, ils signalent à la police des faits ou comportements précis, et reçoivent en retour une information rapide et vérifiée sur ce qui se passe dans leur quartier. La création d'un RIQ suppose l'accord de la zone de police et le respect d'une charte. Pour savoir s'il en existe un dans votre quartier ou comment en constituer un, l'interlocuteur est la zone de police Namur Capitale (5303).

À une échelle plus modeste, l'accord entre trois voisins vaut souvent mieux qu'un abonnement : relever le courrier, sortir une poubelle, garer une voiture devant une entrée vide, allumer une lumière. Ces gestes suppriment exactement les signaux sur lesquels repose le repérage.

Le voisinage joue enfin un rôle que la technique ne remplace pas : celui de vérifier. En Belgique, la levée de doute est obligatoire avant toute intervention policière déclenchée par une alarme. Concrètement, quelqu'un doit constater qu'il se passe réellement quelque chose. Ce quelqu'un peut être un opérateur de télésurveillance, mais aussi un voisin de confiance, ou une preuve technique. C'est là que les détecteurs à vérification photo deviennent utiles : ils transforment une notification en constat, ce qui permet à un voisin d'agir sur une information et non sur une intuition.

Déclaration, sirène, caméra : le cadre belge

Ces obligations sont fédérales et ne dépendent ni de la commune ni de la région. Pour une alarme : déclaration dans les dix jours via police-on-web, confirmation annuelle, sirène extérieure limitée à trois minutes, entretien annuel, levée de doute obligatoire avant intervention — arrêté royal du 25 avril 2007. Procédure détaillée dans notre guide sur la déclaration d'un système d'alarme. La sirène extérieure conserve d'ailleurs sa fonction première, qui est d'alerter le voisinage.

Pour une caméra : déclaration sur declarationcamera.be, pictogramme réglementaire, registre des traitements, et interdiction de filmer la voie publique ou la propriété du voisin — contrainte sérieuse dans les rues étroites du centre namurois. Voir notre article sur la loi caméras en Belgique, et le comparatif alarme ou caméra si l'arbitrage n'est pas tranché.

Pour une location ou un kot, une centrale sans fil associée à des contacts d'ouverture a l'avantage d'être démontable et de suivre l'occupant d'un bail à l'autre ; un fonctionnement sans abonnement évite d'engager une durée qui ne correspond pas à une année académique.

Prime communale et conseil gratuit à Namur

Certaines communes belges accordent une prime à la sécurisation. Quand elles existent, ces primes financent la protection mécanique — serrures, cylindres, vitrage retardateur d'effraction, châssis — et excluent presque toujours les alarmes et les caméras. Renseignez-vous auprès de votre administration communale avant d'engager des frais, car les conditions changent d'un exercice à l'autre.

Le dispositif certain, lui, est gratuit : le conseiller en prévention vol de la zone de police Namur Capitale se déplace à domicile, examine les accès réels et remet un avis sans aucun intérêt commercial. Pour un kot ou une colocation, c'est aussi le bon interlocuteur pour arbitrer entre changer un cylindre et installer un système.

Questions fréquentes

Combien de cambriolages ont été enregistrés à Namur en 2025 ?

275 cambriolages dans habitation figurent dans les statistiques policières pour Namur en 2025, contre 611 en 2024. Ce recul de 55 % en un an est très marqué et sans équivalent dans la série ; il demande à être confirmé sur l'exercice suivant avant d'être interprété comme une baisse durable de la délinquance.

Les cambriolages ont-ils réellement diminué de moitié à Namur ?

C'est ce que montre la donnée publiée pour 2025, mais une variation de cette ampleur sur une seule année peut aussi refléter une discontinuité d'enregistrement. Sur la période 2019-2024, plus solide, la tendance était inverse : après un creux à 464 faits en 2021, les cambriolages sont remontés à 570, 576 puis 611.

Qu'est-ce qu'un Réseau d'Information de Quartier ?

C'est un dispositif officiel belge, encadré par le SPF Intérieur et mis en œuvre avec la zone de police locale. Les habitants signalent des faits précis à la police et reçoivent en retour une information vérifiée sur leur quartier. Il ne s'agit ni de patrouilles ni de surveillance citoyenne, et sa création suppose l'accord de la zone de police.

Comment sécuriser un kot ou une colocation à Namur ?

En traitant d'abord la clé : un cylindre qui n'a pas été remplacé depuis plusieurs locataires peut circuler en plusieurs exemplaires. Ensuite en équipant la porte d'entrée d'un contact d'ouverture relié à une centrale sans fil, démontable en fin de bail. La sécurisation mécanique reste la première ligne, la détection vient après.

Faut-il déclarer une alarme à Namur ?

Oui, comme partout en Belgique. La déclaration se fait dans les dix jours via police-on-web et se confirme chaque année, la sirène extérieure est limitée à trois minutes et une levée de doute est obligatoire avant toute intervention policière. Ces règles découlent de l'arrêté royal du 25 avril 2007.


Sources : Statistiques policières de criminalité, Police fédérale DGR/DRI/BIPOL, publication 2025_T04 (date de clôture 24/04/2026) — fiche communale de Namur. Le recul enregistré entre 2024 et 2025 est repris tel qu'il est publié ; son ampleur inhabituelle appelle une confirmation sur l'exercice suivant. Prévention vol : zone de police Namur Capitale (5303).

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