Dilbeek a enregistré 165 cambriolages dans habitation en 2025, son niveau le plus bas de la série. Mais la commune a aussi connu 212 cambriolages dans bâtiment, dont l'habitation ne représente que 78 %. Le solde vise des locaux professionnels — et dans une commune où beaucoup d'indépendants travaillent à leur adresse privée, cette distinction statistique recouvre souvent le même bâtiment.
La série dilbeekoise, et le décrochage de 2022
Les faits enregistrés par la police fédérale dessinent, pour Dilbeek, une trajectoire qui n'a rien de linéaire. 268 cambriolages d'habitation en 2019, 216 en 2020, 217 en 2021, puis une remontée nette à 277 en 2022 — au-dessus du niveau d'avant la pandémie. Ce pic de 2022 est le vrai point de bascule de la commune : c'est après lui que la décrue s'installe, avec 210 faits en 2023, 178 en 2024 et 165 en 2025.
Sur l'ensemble de la période, le recul atteint -38,4 %, dont -7,3 % sur la seule dernière année. En perspective longue, Dilbeek est nettement en dessous de son maximum de 2015 (394 faits) et sous son niveau de l'an 2000 (334 faits). Ramené à la semaine, on parle de 3,2 faits — un rythme faible, mais dont la régularité est précisément ce qui pose problème : il ne produit jamais l'événement collectif qui pousse un quartier à réagir.
La commune est de morphologie résidentielle : parcelles privatives, jardins clos, vis-à-vis limité, et une continuité de tissu avec la périphérie bruxelloise sans en avoir la densité. Cette morphologie déplace le risque à l'arrière du bâti, et elle le déplace aussi vers un endroit dont on parle rarement : l'annexe professionnelle.
L'angle mort dilbeekois : l'activité indépendante exercée à domicile
Cabinet paramédical dans l'extension arrière, atelier dans le garage, showroom aménagé dans une ancienne dépendance, stock de marchandise entreposé chez soi entre deux livraisons, camionnette d'artisan chargée d'outillage garée dans l'allée : à Dilbeek, une part importante de l'activité indépendante s'exerce sur une parcelle résidentielle. Cette situation cumule deux profils de risque qui, ailleurs, sont séparés.
D'un côté, la vulnérabilité résidentielle classique : accès arrière vitré, porte de véranda, baie coulissante, jardin clos qui protège l'intrus une fois qu'il l'a franchi. De l'autre, l'attractivité d'un local professionnel : outillage revendable, matériel informatique, stock, parfois du liquide, et des horaires d'ouverture publics qui indiquent exactement quand personne n'est là.
La conséquence pratique est nette. Une installation pensée pour un logement protège la nuit et pendant les vacances. Une installation pensée pour une activité doit aussi protéger en journée, portes ouvertes — c'est-à-dire pendant l'exercice de l'activité elle-même, quand le local est accessible à des personnes que vous ne connaissez pas. Ce sont deux logiques de zonage différentes, qui doivent coexister dans le même bâtiment.
Ce que ça change concrètement dans le matériel
Le zonage est la première réponse : une centrale unique, mais des groupes indépendants. Le local professionnel peut rester armé pendant que le logement est occupé, et inversement le logement peut être armé pendant les heures d'ouverture de l'atelier. Sans cette séparation, le système finit désarmé toute la journée « parce que sinon ça sonne », ce qui revient à ne pas en avoir.
Trois compléments méritent d'être examinés selon l'activité :
- Un bouton d'agression discret à l'accueil ou au comptoir. Ce n'est pas un gadget : il répond à un risque qui n'existe pas dans un logement privé, celui de la confrontation en présence du professionnel. Voir les boutons d'agression et d'assistance.
- Une détection extérieure côté cour ou parking, pour traiter l'approche avant l'effraction plutôt que le bris de vitre après. Les détecteurs extérieurs couvrent l'allée, l'accès à l'annexe et la zone de stationnement.
- Une caméra sur la zone de manutention — accès livraisons, portail, aire de stationnement. Pour une cour qu'il faut couvrir en entier sans multiplier les appareils, une caméra PTZ se justifie ; pour un axe fixe et une identification à distance constante, une caméra bullet et un enregistreur NVR PoE restent la solution la plus sobre.
Sur la question de départ — détecter ou filmer — notre comparatif alarme ou caméra détaille la logique : l'alarme interrompt, la caméra documente. Pour une activité, les deux fonctions sont rarement substituables. Et si le bâtiment mélange local professionnel et logement, le passage par l'installation et les services évite l'erreur de zonage la plus courante.
Prime communale : ce qu'on peut dire honnêtement
Nous n'avons identifié aucune prime communale spécifiquement dilbeekoise à la sécurisation des habitations. Plusieurs communes belges en accordent une, généralement calculée en pourcentage de la facture et plafonnée à quelques centaines d'euros. Deux constantes valent la peine d'être connues avant d'espérer quoi que ce soit.
Premièrement, ces primes financent la protection mécanique — cylindres et serrures renforcés, vitrage retardateur d'effraction, portes et châssis résistants — et non l'électronique. Les systèmes d'alarme et les caméras en sont presque systématiquement exclus. Deuxièmement, elles supposent le plus souvent un passage préalable du conseiller en prévention vol, dont le rapport est joint à la demande. Renseignez-vous directement auprès de l'administration communale de Dilbeek : c'est la seule source qui engage, et les règlements changent d'un exercice à l'autre.
Le diefstalpreventieadviseur, gratuit, et particulièrement utile ici
Dilbeek dispose de sa propre zone de police, la Lokale Politie Dilbeek (5406), et la commune organise un service de conseil en prévention vol pour les habitations et les appartements. La visite est gratuite et le conseiller n'a rien à vendre.
Pour un bâtiment mixte, cette visite a une valeur particulière : elle porte un regard sur des points qu'un catalogue ne traite pas — la porte de communication entre le local professionnel et le logement, la fermeture réelle du portail de cour, la résistance d'une porte sectionnelle de garage, la protection des ouvertures de l'annexe. Les modalités de demande figurent sur la page conseil en prévention vol de la commune de Dilbeek.
Les obligations légales, identiques en Flandre comme ailleurs
Un point à clarifier, parce que la question revient souvent chez les indépendants : les règles ci-dessous sont fédérales. Elles ne varient pas entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie, et elles ne dépendent pas de la zone de police.
Alarme : déclaration dans les dix jours via police-on-web, confirmation annuelle, sirène extérieure limitée à trois minutes, entretien annuel, levée de doute obligatoire avant intervention policière — voir notre guide sur la déclaration d'un système d'alarme.
Caméra : déclaration sur declarationcamera.be, pictogramme réglementaire, registre des traitements, interdiction de filmer la voie publique ou la propriété d'autrui. Pour un commerce ou un local recevant du public, s'ajoute l'information des personnes filmées, et une caméra qui surveille des travailleurs relève d'un cadre distinct, à traiter avec son secrétariat social. Le principe général est détaillé dans notre article sur la loi caméras en Belgique.
Questions fréquentes
Combien de cambriolages ont été enregistrés à Dilbeek en 2025 ?
165 cambriolages dans habitation ont été enregistrés à Dilbeek en 2025, soit 3,2 par semaine en moyenne. C'est 7,3 % de moins qu'en 2024 (178 faits) et 38,4 % de moins qu'en 2019 (268 faits). Tous bâtiments confondus, la commune totalise 212 cambriolages en 2025.
Existe-t-il une prime communale à la sécurisation à Dilbeek ?
Nous n'avons identifié aucune prime communale spécifique à Dilbeek. Certaines communes belges accordent une prime à la sécurisation mécanique du logement — serrures, cylindres, vitrage retardateur d'effraction, châssis — mais ces aides excluent presque toujours les alarmes et les caméras. Le seul moyen d'être fixé est de contacter l'administration communale.
Un indépendant qui travaille chez lui doit-il un système différent ?
Oui, sur un point précis : le zonage. Le local professionnel et le logement doivent pouvoir être armés séparément, faute de quoi le système sera désarmé pendant toute la journée de travail. Un bouton d'agression et une détection des accès de service répondent en outre à un risque qui n'existe pas dans un logement purement privé.
Qui contacter pour un conseil gratuit en prévention vol à Dilbeek ?
La commune de Dilbeek organise un service de conseil en prévention vol pour les habitations et les appartements, en lien avec la Lokale Politie Dilbeek (5406). La visite est gratuite, sans intérêt commercial, et débouche sur un rapport écrit portant sur votre bâtiment réel.
Peut-on filmer le trottoir devant son commerce à Dilbeek ?
Non. Une caméra de surveillance privée ne peut filmer ni la voie publique, ni la propriété d'un voisin : le champ doit rester limité à votre propre terrain et à ses accès immédiats. L'installation doit par ailleurs être déclarée sur declarationcamera.be et signalée par le pictogramme réglementaire.
Sources : Statistiques policières de criminalité, Police fédérale DGR/DRI/BIPOL, publication 2025_T04 (date de clôture 24/04/2026) — fiche communale de Dilbeek. Aucune prime communale à la sécurisation n'a été identifiée pour Dilbeek au moment de la rédaction : vérifiez auprès de l'administration communale.
