Sirène extérieure sans fil Ajax StreetSiren

Dix-huit cambriolages d'habitation par semaine. C'est la moyenne gantoise de 2025, pour 944 faits enregistrés sur l'année. Le chiffre recule — 13,2 % de moins qu'en 2024, 22,7 % de moins qu'en 2019 — et il reste pourtant supérieur à ce que la ville connaissait au tournant du siècle. Dans un tissu bâti aussi serré que celui de Gand, la variable qui décide n'est ni la serrure ni la caméra : c'est le nombre de gens capables de remarquer qu'il se passe quelque chose.

Une décrue réelle, un niveau qui reste supérieur à celui de 2000

La série publiée par la police fédérale pour Gent : 1 221 faits en 2019, 844 en 2020, 825 en 2021, 1 218 en 2022, 1 059 en 2023, 1 087 en 2024, 944 en 2025.

Deux enseignements s'en dégagent. Le premier est que le creux 2020-2021 n'a rien d'un acquis : dès 2022, la ville retrouve quasiment son niveau de 2019. Le confinement n'a pas fait reculer le cambriolage, il l'a suspendu. Le second est que la baisse récente n'est pas linéaire : 2024 remonte légèrement sur 2023 avant le repli de 2025.

La perspective longue est plus dure. Gand a connu son maximum en 2015 avec 1 841 faits ; les 944 de 2025 représentent donc à peine plus de la moitié de ce sommet, ce qui est un résultat considérable. Mais en 2000, la ville enregistrait 831 cambriolages d'habitation. Vingt-cinq ans plus tard, elle est encore au-dessus. La décrue actuelle ramène Gand vers son niveau d'avant la flambée, pas en dessous.

Sur les 1 214 cambriolages dans bâtiment recensés en 2025, 78 % visent l'habitation. Le solde — commerces, bureaux, ateliers, entrepôts — reste substantiel dans une ville portuaire et universitaire, mais l'essentiel du phénomène gantois se joue derrière des portes de logement.

Le bâti gantois déplace le point d'entrée

Gand est une ville de maisons de ville étroites en enfilade, de beluiken — ces impasses ouvrières groupées autour d'une cour — et d'immeubles anciens divisés en appartements et en logements étudiants. Cette densité redistribue les vulnérabilités.

Le premier point faible n'est pas la façade de rue, souvent trop exposée, mais l'entrée collective : porte cochère, interphone, cage d'escalier. Une fois cette porte franchie, l'intrus circule à l'abri des regards et attaque des portes palières qui, dans le bâti ancien, sont fréquemment de simples portes intérieures posées lors d'une division de l'immeuble. Le talonnage — entrer derrière quelqu'un qui vient d'ouvrir — ne demande aucun outil.

Le second point faible est l'arrière : cours intérieures, annexes, verrières de cuisine, toitures plates accessibles depuis un mur mitoyen. Dans un beluik ou un intérieur d'îlot gantois, ces façades arrière ne sont visibles d'aucune rue, mais elles le sont de tous les voisins. C'est exactement là que le tissu social devient un dispositif de sécurité.

Le réseau d'information de quartier, dispositif gantois par excellence

La Flandre a développé les buurtinformatienetwerken — réseaux d'information de quartier — plus systématiquement que le reste du pays, et Gand en fait un usage courant. Le principe est simple : un groupe d'habitants d'un quartier, un coordinateur, et un canal de diffusion opéré en lien avec la police locale, qui permet de relayer rapidement une information vérifiée — une tentative signalée, un véhicule suspect décrit précisément, une série d'effractions dans une rue.

Ce que ce dispositif apporte n'est pas de la surveillance, c'est de la vitesse. Un cambriolage d'habitation se joue sur quelques minutes ; une information qui circule le lendemain n'a aucune valeur opérationnelle, alors que la même information diffusée dans l'heure change le comportement de toute une rue.

Il faut être honnête sur ses limites. Un réseau de quartier ne détecte rien par lui-même : il diffuse ce que quelqu'un a vu. Il fonctionne bien dans les quartiers stables et beaucoup moins là où la rotation locative est forte, ce qui est le cas de plusieurs quartiers gantois. Et il ne dit jamais ce qui se passe chez vous pendant que vous êtes au travail. Il faut le voir comme une couche de renseignement collectif, pas comme un substitut à une détection.

Voisins vigilants et levée de doute : où s'arrête le voisin

En Belgique, la police n'intervient sur une alarme qu'après levée de doute : quelqu'un doit avoir constaté un indice sérieux d'intrusion. Beaucoup de Gantois confient implicitement cette tâche à un voisin qui a la clé. C'est une solution qui fonctionne — jusqu'au jour où elle expose ce voisin à entrer dans un logement où quelqu'un se trouve encore, et où elle échoue simplement parce qu'il est absent, en vacances ou au travail.

La levée de doute technique règle ce problème sans faire porter le risque à un tiers. Des détecteurs à vérification photo envoient une image au moment de l'alarme : en quelques secondes, vous savez s'il s'agit d'un animal, d'un courant d'air ou d'une présence. Une caméra Wi-Fi dans la cage d'escalier ou sur la cour intérieure remplit le même rôle sur les parties que vous contrôlez juridiquement.

Pour un immeuble gantois divisé, la combinaison la plus efficace reste modeste : des contacts magnétiques sur la porte palière et sur l'accès arrière, une centrale qui notifie immédiatement, un clavier à codes individuels quand plusieurs personnes occupent le logement, et une sirène extérieure — dans une rue étroite où les façades se répondent, le bruit mobilise instantanément le voisinage, ce qui est précisément l'effet recherché. Les kits d'alarme couvrent bien ce type de configuration.

Pas de prime communale identifiée à Gand, mais un conseil gratuit

Aucune prime communale gantoise à la sécurisation contre le vol n'a pu être identifiée. Il est utile de rappeler au passage ce que ces primes financent là où elles existent : la protection mécanique — cylindres et serrures renforcés, vitrage retardateur d'effraction, portes et châssis. Les alarmes et les caméras en sont exclues. Aucune commune belge ne rembourse un système d'alarme, et les sites qui le laissent entendre se trompent.

Ce qui existe et ne coûte rien, c'est le diefstalpreventieadviseur, le conseiller en prévention vol de la police locale de Gand (5415). Il se déplace, examine vos accès réels et n'a rien à vendre. La demande se fait via la page de la zone consacrée au conseil en prévention vol. Dans un immeuble divisé, sa visite a un intérêt supplémentaire : il regarde les parties communes, que la plupart des occupants considèrent comme le problème de quelqu'un d'autre.

Les obligations légales, identiques dans les trois régions

Elles sont fédérales : ni la Région flamande ni la Ville de Gand n'y ajoutent quoi que ce soit.

Alarme : déclaration dans les dix jours via police-on-web, confirmation annuelle, sirène extérieure limitée à trois minutes, entretien annuel, levée de doute obligatoire avant intervention policière — arrêté royal du 25 avril 2007. Notre guide sur la déclaration d'un système d'alarme en Belgique détaille la procédure.

Caméra : déclaration sur declarationcamera.be, pictogramme réglementaire, registre des traitements, interdiction de filmer la voie publique et la propriété d'autrui. Dans une rue gantoise de quelques mètres de large, ou dans un beluik où les cours se touchent, cette règle n'est pas théorique : elle impose souvent d'orienter la caméra vers le bas et de masquer numériquement une partie du champ. Voir notre article sur la loi caméras en Belgique.

Questions fréquentes

Combien de cambriolages y a-t-il eu à Gand en 2025 ?

944 cambriolages dans habitation ont été enregistrés à Gand en 2025, soit une moyenne de 18,2 par semaine. C'est 13,2 % de moins qu'en 2024 (1 087 faits) et 22,7 % de moins qu'en 2019 (1 221 faits).

Qu'est-ce qu'un réseau d'information de quartier et que peut-il vraiment faire ?

C'est un groupe d'habitants organisé avec la police locale pour diffuser rapidement une information vérifiée dans un quartier : tentative d'effraction, véhicule suspect, série de faits dans une rue. Sa force est la vitesse de circulation de l'information ; sa limite est qu'il ne détecte rien par lui-même et ne surveille pas votre logement en votre absence.

Existe-t-il une prime communale pour sécuriser son logement à Gand ?

Aucune prime communale gantoise à la sécurisation contre le vol n'a pu être identifiée. Là où de telles primes existent en Belgique, elles financent uniquement la protection mécanique — serrures, cylindres, vitrage retardateur d'effraction, châssis — et excluent explicitement les systèmes d'alarme et les caméras. Le conseiller en prévention vol de la police locale de Gand reste gratuit.

Quel est le point d'entrée le plus exposé dans un immeuble gantois ?

L'entrée collective, puis la porte palière. Une fois la porte de rue ou l'interphone franchi, l'intrus opère hors de vue, et les portes palières issues d'une division d'immeuble ancien sont souvent de simples portes intérieures. Les cours et annexes arrière, invisibles depuis la voirie, constituent le second point faible.

Qui doit lever le doute avant une intervention de police à Gand ?

La levée de doute est obligatoire partout en Belgique avant qu'une patrouille se déplace sur alarme : un constat sérieux d'intrusion doit avoir été établi. Confier cette tâche à un voisin détenteur de la clé fonctionne mal, car il peut être absent ou exposé. Une vérification photo ou vidéo sur les zones que vous contrôlez règle la question sans faire porter le risque à un tiers.


Sources : Statistiques policières de criminalité, Police fédérale DGR/DRI/BIPOL, publication 2025_T04 (date de clôture 24/04/2026) — fiche communale de Gand. Absence de prime communale à la sécurisation vérifiée auprès des sources publiques disponibles ; les dispositifs évoluent d'un exercice à l'autre, vérifiez auprès de la Ville avant d'engager des frais.

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